Archive pour octobre, 2006

ANTICOR est favorable au principe de “jurys de citoyens”

Publié dans Communiqué le 25 octobre, 2006 par Tristan

ANTICOR est favorable au principe de “jurys de citoyens”, et demande aux candidats à l’élection présidentielle de s’engager plus fortement dans la lutte contre la corruption.

Depuis des années nous militons pour associer les citoyens à la délibération publique mais aussi au controle de la gestion publique. Ainsi, la proposition de jurys citoyens formulée par Ségolène Royal va dans le sens de la lutte contre la corruption que nous appelons de nos voeux. Par ailleurs, Anticor souhaite aussi notament le renforcement des chambres régionales des comptes (qui doivent devenir de véritables juridictions) et la possibilité de leur saisine par des citoyens ; la formation obligatoire des élus dans le cadre d’un contrat de mandat, la limitation stricte des fonctions et mandats ..
Ce sont là les conditions d’un véritable partenariat citoyens-élus permettant de restaurer la confiance et d’éviter “le vote défouloir” de sanction lié au mécontentement.
Associer les citoyens c’est aussi les responsabiliser en recréant du lien avec les élus face à une situation de divorce au sein du couple démocratique.

“Jurys de citoyens”: la droite fait donner les canons contre Royal –par Nathalie Schuck–
AP | 24.10.06 | 18:11

PARIS (AP) — Ségolène Royal a le choix des modèles: Mao, Pétain ou le général Boulanger. Dans des critiques d’une rare violence, la droite a tiré à boulets rouges mardi contre la proposition de la candidate socialiste d’obliger les élus à rendre des comptes devant des “jurys de citoyens”. La preuve, selon ses partisans, qu’elle a “tapé juste”.
Profitant de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée, siège des élus, Brice Hortefeux, bras droit de Nicolas Sarkozy, a brandi pêle-mêle le spectre du général Georges Boulanger qui avait fait trembler la IIIe République, de son partisan Paul Déroulède qui avait fondé la “Ligue des patriotes”, du maréchal Philippe Pétain sous Vichy ou encore de la manifestation organisée à Paris le 6 février 1934 par des ligues d’extrême droite sur fond d’antiparlementarisme et de xénophobie.
“A chaque fois dans notre histoire qu’on a voulu s’en prendre aux élus, c’est en réalité à la République qu’on a voulu s’attaquer”, a tonné le ministre délégué aux Collectivités territoriales. Il faut “honorer les règles de la démocratie représentative, la seule qui ne conduise pas aux larmes et au sang”, a-t-il martelé, évoquant avec un plaisir non dissimulé les tensions au PS autour de cette idée.
Tout aussi virulent, le porte-parole du gouvernement Jean-François Copé faisait trembler les députés: “Si par malheur Ségolène Royal devenait présidente de la République, ce ne serait plus les parlementaires qui examineraient l’efficacité des ministères, ce serait des tribunaux populaires et on mettrait les têtes au bout des piques!”
“C’est de la démago pure et simple”, a également pesté Xavier Bertrand (Santé) sur Canal+. “S’il y avait une Coupe du monde” de la “démagogie”, “non seulement elle serait en finale mais en plus elle serait gagnante”, a taclé Christian Jacob (Fonction publique) sur RTL. Ca “a déjà existé ailleurs dans la Révolution culturelle de Mao”, a déploré Philippe de Villiers (MPF) dans “Le Parisien”.
Déjà pris pour cible lundi par les partisans de Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, l’entourage de la candidate voulait voir dans cette “hystérie” préélectorale le signe qu’elle “a tapé juste”. Et renvoyait la palme du “populisme” à l’UMP. “Le populisme, c’est de flatter les peurs du peuple, c’est de dresser les Français les uns contre les autres (…) comme le fait Nicolas Sarkozy”, a lâché Jean-Louis Bianco, son porte-parole.
Consciente de la crispation, Ségolène Royal a elle-même adressé aux médias un argumentaire de 7 pages. Elle y affirme que ces “jurys” ne sont pas “un instrument de punition” ni un “affront à la démocratie représentative”. Rappelant qu’elle avait formulé cette idée dès novembre 2002, elle observe que de tels dispositifs ont vu le jour à Berlin ou en Espagne.
Cette proposition a reçu mardi le soutien de Pierre Rosanvallon, président de l’association “La République des idées” et de l’association Anticor (les élus républicains contre la corruption). AP

Compte rendu du voyage d’anticor dans les terres de Juppé

Publié dans Pour info le 16 octobre, 2006 par Tristan

Vous trouverez ci-joint, le compte rendu des actions que nous avons menées à Bordeaux le 3 octobre dernier.

VOYAGE D’ANTICOR ET LES AMIS D’ANTICOR
DANS LE FIEF DE MONSIEUR JUPPE
LE MARDI 03 OCTOBRE 2006

Séverine Tessier, Présidente d’Anticor et Jean-Pierre Roux, Président des Amis d’Anticor, invités par Marion Paoletti, Présidente de la Convention pour la 6ème République (C6R) pour la Gironde, sont allés soutenir nos amis bordelais qui manifestaient contre le retour de Juppé.  N’oublions pas que la cour de Versailles (le 1er décembre 2004), déclarait à cette époque, que Monsieur Juppé, « alors qu’il était investi d’un mandat électif public, a trompé la confiance du peuple souverain ». Rappelons que le « presque » nouveau maire de Bordeaux avait été condamné à 14 mois d’emprisonnement avec sursis et 1 an d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêts dans l’affaire des emplois fictifs du RPR. Une peine d’inéligibilité ramenée de 10 ans à 12 mois par cette même cour ! Pour des faits d’une telle gravité et dans une république digne de ce nom, un élu serait inéligible à vie.

Vers 18 h 00 une manifestation s’est déroulée devant l’hôtel de ville de Bordeaux avec prise de parole de Séverine Tessier, Jean-Pierre Roux et de Marion Paoletti. Il y avait une petite centaine de personnes autour d’un tapis rouge tenu par des oranges et menant à l’effigie de ce bon Monsieur Juppé, le meilleur d’entre eux mais pas, à notre avis, le meilleur d’entre nous. Evidemment nous aurions souhaité plus de monde, mais malgré tout, la manifestation organisée dans des délais très courts et sur le mode humoristique par les jeunes militants de la C6R fut relatée dans les colonnes du journal Sud-Ouest. Des représentants du MJS étaient venus nous soutenir ainsi que Pierre Hurmic, candidat des Verts aux élections municipales du 8 octobre. Participait aussi Stéphane Lhomme militant associatif bordelais auteur d’un fascicule relatant la « carrière » bordelaise de Juppé  (« Alain Juppé saute sur Bordeaux » Editions Syllepse) que nous vous recommandons.

Dans la soirée, nous avons participé à une réunion publique toujours sur le thème du recyclage des élus condamnés pour s’être servis ou avoir servi leur parti plutôt que de servir leurs concitoyens. A cette réunion, participait Patrick Dufau de La Motte, Président de Trans’ CUB, Association très active pour la défense des intérêts des bordelais de la Communauté Urbaine de Bordeaux, qui nous a conté le bilan de Juppé et les différentes affaires qui ont émaillées son parcours bordelais. Pas triste !

Séverine Tessier, quant à elle, a appelé les bordelais à un sursaut citoyen et rappelé les principes qui guident notre action quotidienne. Le principe de non éligibilité pour tout élu ayant été condamné pour des délits dans l’exercice de son mandat, non cumul des mandats et des fonctions, statut de l’élu…

Au cours du débat qui a suivi, l’influence des contre-pouvoirs, comme la presse et certains organes institutionnels ont fait l’objet de discussions extrêmement riches. La problématique d’écrire librement pour les journalistes dont les quotidiens appartiennent à des patrons très influents et en général pas très disposés à révéler les turpitudes du pouvoir, la Cour des Comptes et les Cours régionales des Comptes, dont le pouvoir cherche à réduire le champ d’action, enfin la justice qui devrait être indépendante mais qui de fait ne l’est pas tout à fait et lorsqu’elle essaie de faire son travail « honnêtement » comme dirait Eric Halphen, est accusée d’abuser de son pouvoir en particulier dans les « affaires » où la classe politique est sur la sellette : tout ceci concourt à affaiblir les contre-pouvoirs de la République.

Un ancien conseiller municipal UDF de Bordeaux s’est montré particulièrement remonté contre le retour de Juppé. Il est devenu sympathisant des Amis d’Anticor.

La réunion s’est terminée vers 23 h 00 et nous nous sommes promis les uns et les autres de nous revoir prochainement pour continuer ce combat oh combien difficile, qui est de lutter pied à pied contre la corruption et pour une République dans laquelle les institutions garantiraient une politique basée sur une véritable éthique.

Enfin pour terminer, un grand merci à toute l’équipe bordelaise de la C6R pour leur accueil et l’organisation de la manif et des débats.

Commentaires sur les résultats des élections du 8/10/06 : Juppé a été élu dès le premier tour. Dire que nous ne sommes pas déçus serait mentir. Mais le pourcentage des abstentions s’est monté à 56%, ce qui a été fort peu souligné par les medias. Il n’y a pas de quoi pavoiser ni pour Juppé ni pour la Démocratie.

La leçon que nous pouvons tirer de ce scrutin, c’est que nous devons continuer le combat pour rappeler aux citoyens que voter est important, même et plutôt, à fortiori, quand  beaucoup de nos concitoyens nous disent “à quoi bon aller voter, c’est déjà plié”. Car c’est peut-être à cause de cette abstention massive que Juppé a été réélu comme ce fut le cas à Levallois pour Balkany.